Entre taule et terre

Construire une alternative à la prison

Sarah Dindo

Parution En précommande
Format Livre broché de 302 pages
ISBN 979-10-95630-59-3
15,00€

Résumé

En 2015, Samuel Gautier reprend un domaine d’Emmaüs dans un petit village occitan pour y fonder une structure agricole destinée à la réinsertion de prisonniers. Son but : accueillir des détenus en fin de peine et les accompagner au sein d’un lieu ouvert, sans mirador ni cellule.

Entre taule et terre retrace l’histoire de cette « alternative à l’enfermement », au moyen d’une observation en immersion, de portraits et témoignages de ses principaux acteurs : habitants du village, résidents sortant de prison, salariés et bénévoles d’Emmaüs, etc.

À travers le récit de cette aventure collective, l’autrice propose une réflexion critique pour penser des « alternatives à la prison » au sens profond : répondre à la commission d’infractions autrement que par l’enfermement, le contrôle et la contrainte.


L'autrice

Sarah Dindo est chargée d’études, formatrice et consultante sur les questions de probation. Elle a été responsable pendant dix ans des publications de l’OIP (Observatoire International des Prisons, section française).

Culture des précédents

La collection Culture des précédents se propose de faire redescendre de sa majuscule cette histoire qui se croit – ou qu’on voudrait nous faire croire – unique. Celle qui serait une version racontée et construite, construite à force d’être racontée, par les manuels scolaires, les grandes commémorations, les blockbusters, les reportages, documentaires et journaux télévisés… Cette histoire majuscule a découpé notre passé de manière binaire, avec d’un côté les victoires et de l’autre les défaites, une histoire qui prescrit ce que l’on retient et ce que l’on oublie. À cela, une façon d’y répondre : y opposer une multitude d’histoires et de récits singuliers.

« […] car nous avons besoin d’une culture des précédents non seulement pour les savoirs qui pourraient la composer mais aussi pour la respiration, pour le dehors qu’elle serait susceptible de nous offrir : nous ne serions plus seuls au monde. De l’élan nous entrerait dans les plumes : on se sentirait précédé, inscrit dans une histoire qui pourrait nous rendre plus fort. Et puis l’inspiration nous gagnerait : « Tiens cette limite que l’on rencontre, d’autres l’ont dépassée de telle ou telle manière » ou « À entendre ce récit qui nous est rapporté, nous aurions tout intérêt à aiguiser notre vigilance sur tel ou tel point ».

David Vercauteren, Micropolitique des groupes, Les prairies ordinaires, 2011.