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Mercredi 7 janvier, à l’ouverture de la librairie, 5 policiers en uniforme, accompagnés d’un Procureur de la République sont entrés dans les locaux de Violette and Co afin de procéder à une perquisition, dans le but annoncé de saisir le livre de coloriage From the River to the Sea.
Pendant quarante-cinq minutes, la librairie a fait l’objet d’une fouille méthodique : rayonnages inspectés, cartons de livres ouverts un à un, réserves et salle de pause fouillées devant les salarié·es présent·es sur place, choqué·es et impuissant·es. La scène est particulièrement frappante : des policiers en uniforme, armes à la ceinture, filmant les lieux à l’aide de caméras-piétons et contrôlant une trentaine de cartons de livres à la recherche d’un ouvrage qui ne se trouvait plus en stock. Au rez-de-chaussée, deux policiers, dont l’un était masqué, sont restés positionnés près de l’entrée de la librairie, empêchant l’accès aux client·es.
Après une fouille infructueuse, le procureur nous informe que nous sommes convoquées au commissariat du 11ème arrondissement le jeudi 22 janvier pour une audition libre, dans le cadre d’une enquête préliminaire. Nous en profitons pour demander des nouvelles de la plainte que nous avons envoyée début septembre au Procureur de la République pour les dégradations et menaces subies par Violette and Co en août dernier : après une réponse très floue, nous apprendrons quelques heures plus tard au téléphone que notre plainte a été “perdue”.
Dans l’après-midi suivant la perquisition, nous recevons des nouvelles du Procureur qui nous transmet, suite à nos demandes répétées, un document interne de la commission de surveillance et de contrôle des publications pour la jeunesse (CSCPJ) donnant un avis défavorable à l’importation en France du livre de coloriage From the River to the Sea. La maison d’édition, que nous avons contactée après la perquisition, n’avait reçu aucune notification de cet avis. Elle n’en sera informée que le 8 janvier, le lendemain de la perquisition.
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