Manifeste du Tiers paysage

Présentation d'Alexis Pernet

Gilles Clément

Manifeste du Tiers paysage
Parution 27/03/2020
Format Livre broché
ISBN 979-10-95630-31-9
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8,00€

Résumé

« Si l’on cesse de regarder le paysage comme l’objet d’une industrie on découvre subitement – est-ce un oubli du cartographe, une négligence du politique ? – une quantité d’espaces indécis, dépourvus de fonction sur lesquels il est difficile de porter un nom. Cet ensemble n’appartient ni au territoire de l’ombre ni à celui de la lumière. Il se situe aux marges. »

Gilles Clément porte son regard sur les lisières, les marges de champs, les terrains en attente, les reliquats non exploités du paysage. En suivant point par point ce manifeste, le lecteur comprendra que le Tiers paysage relève d’une perception, d’une relation d’un certain type au vivant, à l’espace et aux institutions qui en prennent en charge l’aménagement. Ce texte invite à cultiver des espaces de « non-agir » à tous les niveaux de nos vies, à l’heure où les injonctions climatiques et économiques peuvent nous sembler contradictoires – urgence à agir d’un côté et visions effondristes de l’autre.

Paru il y a près de vingt ans, ce manifeste est aujourd’hui accompagné d’un état des lieux des mises en pratique de Tiers paysages donnant ainsi à voir le chemin parcouru depuis sa première édition. Il est introduit par Alexis Pernet, qui interroge le statut de ce texte hors norme et redessine le cheminement d’une pensée qui, assurément, a profondément marqué le paysage.

L'auteur

Paysagiste et ingénieur horticole de formation, Gilles Clément est à l’origine de nombreux concepts ayant façonné le rapport des humains et des institutions à leur environnement. Il continue d’agir et d’écrire depuis La Vallée, son jardin-maison, caché au fond d’un vallon en Creuse.

Le préfacier

Alexis Pernet est paysagiste dplg, maître de conférences à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles. Ses projets s’appuient sur une pratique assidue du terrain, une immersion longue outillée par le dessin et l’écriture.

Culture des précédents

La collection Culture des précédents se propose de faire redescendre de sa majuscule cette histoire qui se croit – ou qu’on voudrait nous faire croire – unique. Celle qui serait une version racontée et construite, construite à force d’être racontée, par les manuels scolaires, les grandes commémorations, les blockbusters, les reportages, documentaires et journaux télévisés… Cette histoire majuscule a découpé notre passé de manière binaire, avec d’un côté les victoires et de l’autre les défaites, une histoire qui prescrit ce que l’on retient et ce que l’on oublie. À cela, une façon d’y répondre : y opposer une multitude d’histoires et de récits singuliers.

« […] car nous avons besoin d’une culture des précédents non seulement pour les savoirs qui pourraient la composer mais aussi pour la respiration, pour le dehors qu’elle serait susceptible de nous offrir : nous ne serions plus seuls au monde. De l’élan nous entrerait dans les plumes : on se sentirait précédé, inscrit dans une histoire qui pourrait nous rendre plus fort. Et puis l’inspiration nous gagnerait : « Tiens cette limite que l’on rencontre, d’autres l’ont dépassée de telle ou telle manière » ou « À entendre ce récit qui nous est rapporté, nous aurions tout intérêt à aiguiser notre vigilance sur tel ou tel point ».

David Vercauteren, Micropolitique des groupes, Les prairies ordinaires, 2011.