On a perdu Quentin

 

Suivi de Casser du sucre à la pioche

 

Paru le 14 juin 2018
Livre broché de 62 pages – 6€
ISBN : 979-10-95630-15-9

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quoteedc La collection Des réels est co-dirigée par Sylvain Bertrand et Benjamin Roux.


quoteedc Écouter un extrait de la préface


quoteedc 4ème de couverture

Mercredi 21 juin 2017. Il est 12h30. Éric Louis est d’après-midi sur le site industriel de Cristanol à Bazancourt.
Avec les autres cordistes, ils attendent pour relever l’équipe du matin dont fait partie Quentin.
La chaleur, les silos métalliques, la fatigue… et cette phrase, simple et définitive, comme une sentence brute, qui vient nous claquer à la face : « On a perdu Quentin ».


personedc L’auteur

Ouvrier, fils d’ouvrier, petit-fils d’ouvriers, Éric Louis est un adepte et un ardent défenseur du travail. Du travail libre, s’entend. Mais il conchie « l’emploi », inépuisable source d’exploitation, de soumission, de frustration. Et de mort.
Ses écrits, notamment dans le journal La Brique, sont des témoignages bruts de la réalité de l’emploi prolétaire. Vécue de l’intérieur.


quoteedc Collection Des réels

Écrire le réel pour combler les vides… des traces brutes, une ivresse dans la quête de soi et des autres. Écrire le réel c’est reprendre la route, s’imaginer, s’inventer qu’importe, c’est suivre ses propres traces mais pouvoir en apprécier la forme, la profondeur et la texture… c’est s’y plonger tout entier. Des récits de vie qui se tiennent au bas du ventre comme des poids de souvenirs… qui rappellent à l’épreuve, au goût de vivre, à l’autre… au commun.

4 Comments

  1. Pingback: On a perdu Quentin, d’Éric Louis

  2. J’ai une amie dont le fils est cordiste à Paris, dans la vingtaine, je ne l’ai jamais rencontré mais elle m’en parle parfois à travers l’épuisement qu’il ressent, exténué par un rythme effréné, mais je n’en sais pas plus.
    Je ne connaissais quasiment rien de ce métier, mais quand j’ai eu la connaissance de ton ouvrage par le biais de la presse alternative (« l’Age de Faire » je crois) alors je l’ai commandé.

    L’histoire de Quentin m’a fait penser à la guerre. Moi-même j’ai travaillé à Reims. La Champagne sent la mort. Certes, il y a eu deux guerres mondiales qui sont passé par là et qui ont tout ravagé, mais aujourd’hui on continue à faire la guerre au vivant à coups de pesticides (qui en fait ne sont qu’un recyclage des stocks de produits restants de la guerre au départ). La Champagne, c’est comme un désert, ça m’angoissait. Que des champs à perte de vue, pas une haie, pas un animal, pas une seule mauvaise n’herbe. Des tracteurs monstrueux, armés de leurs épandeurs à poison, veillent à entretenir ce paysage de mort permanente. La vie n’a pas sa place en champagne, hormis dans les quelques villages ou villes, îlots perdus dans ce no man’s land. Aujourd’hui la société perd sa dimension humaine. En Champagne, on est dans le monde de l’agro industrie. Les champs de plusieurs dizaines de milliers d’hectares tout comme la ferme des mille vaches à Amiens sont le reflet du gigantisme de l’industrialisation de la nature et du vivant. On est loin des clichés du petit paysan qui vit dans une campagne bucolique pleine de vie et qui aime la nature et ses bêtes.

    Dans ce contexte, j’imagine Quentin arriver sur un champ de bataille, un paysage ravagé, où les silos, monstres de béton, immeubles de nos campagnes qui côtoient des engins d’acier énormes, machines à betteraves, poids lourds ou tracteurs impressionnants…Ça m’a fait alors penser aux témoignages des temps de guerre, où les gamins de 20 ans quittaient leur campagne bucolique avec des rêves d’aventure pour finir dans des territoires hostiles qui font vite déchanter. La France a finalement l’habitude de sacrifier ses jeunes en tant de guerre comme de paix. Encore faudrait il que l’on considère le capitalisme comme un état de paix. Car au final, nous sommes bien en guerre perpétuelle, la guerre du profit, de la rentabilité, du rendement. A cet égard, je comprends la réaction de Quentin, car même si son jeune âge ne lui donnait pas la même expérience qu’un aîné, il a fait une évaluation de risques. Comment aurait il pu se douter que l’on ouvre une trappe du silo à ce même moment ? Ça ne faisait pas parti des risques envisagés pour lui. Il connaissait à coup sur les procédures de sécurité, mais quand on est dans une course à la productivité, on prend plus de risques. La sécurité coûte en temps, et quand on a la pression, on prend des risques que l’on ne prendrait pas en temps normal.

    Je voulais finalement te dire bravo pour ce témoignage, pour cette publication touchante. Les vivants ne sont que des passeurs d’histoires. Tant que nous sommes de ce monde on a ce pouvoir, alors tu nous as fait partager ton expérience et celle de Quentin. Merci. A mon tour j’ai mon humble rôle de passeur pour prolonger l’histoire de Quentin, faire vivre la condition de vie ouvrière et les difficultés du monde du travail en général. Je te commande donc 10 exemplaires de plus. Ca me permettra de faire quelques petits cadeaux à ceux que j’apprécie, à des copains du monde militant, ou pas.

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