Agencements – n°3 juin 2019

Recherches et pratiques sociales en expérimentation

Paru le 14 juin 2019
Livre broché de 204 pages – 12€
ISSN : 2608-5739
ISBN : 979-10-95630-23-4

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Sommaire

PARTIR EN QUÊTE, MENER L’ENQUÊTE

Julien SIPRA
En première ligne, mais entre elles : espaces et stratégies de
résistance des livreurs face aux plateformes Deliveroo, Foodora, et UberEats
Frédéric METZ
Une dialectique de l’hospitalité. À propos d’une phrase de Th. W. Adorno – et d’Henri Heine à Paris dans les couloirs du métro, station de Westhafen, u9
Sébastien JOFFRES
Quelques raisons pour faire récit d’une recherche en train de se faire : trajectoire d’un questionnement
François JOURNET
Faire soupe, une invitation à l’agencement et à la recherche

TRANSVERSE

Henri Bokilo BOURCIER
Les fondamentaux de la recherche, ou le fond de la recherche Vs la recherche de fonds

ÊTRE AVEC, FAIRE AVEC

Martine BODINEAU
Les manières de « faire collaboratif » : des expériences à Saint-Denis et à Dunkerque
Pascal NICOLAS-LE STRAT
Disponibilité. Le Chantier et ses Zones d’attraction temporaire
Jacky
Paroles d’élèves. Récit d’une expérience collective et conviviale à contre-courant

PARCOURS

Claude SPENLEHAUER et Aurélie BERNARD
Par delà les distances. Correspondance de recherche entre deux doctorants

ENGAGER LA RECHERCHE, S’ENGAGER EN RECHERCHE

Myriam CHEKLAB et Léa LAVAL
Recherche en lutte et lutte en recherche
Jessy CORMONT
P.H.A.R.E. pour l’Égalité et le courant de l’action-recherche matérialiste. Entre sociologie, éducation populaire et lutte pour l’égalité(s) dans les quartiers populaires
MODUS OPERANDI
Rencontres de Géopolitique critique 2019


4ème de couverture

Le troisième numéro de la revue Agencements accueille, dans son premier dossier Mener l’enquête, partir en quête, une diversité de manières de faire recherche et de mener l’enquête. Elles peuvent être le fait d’un chercheur devenu livreur à vélo et découvrant une réalité largement gouvernée par les algorithmes de gestion et de distribution des commandes, le fait d’un découvreur de mots, embarqué par une phrase lue sur le mur d’une station de métro, qui part explorer l’univers d’une langue, d’un cuisinier qui fait naître les saveurs par un subtil travail d’agencement des mets et les emporte à vélo, ou d’un sociologue qui, à l’occasion d’une recherche, enquête sur sa façon de faire enquête, dans la quête jamais complètement assouvie d’une pertinence épistémologique.

Le deuxième dossier de la revue, Être avec, faire avec, s’intéresse à plusieurs expériences de recherche qui, mettent en pratique et en recherche un processus de coopération. Cette coopération peut concerner des collégien·nes qui s’accordent un temps pour elleux, hors programmation scolaire et sans présence des adultes, afin de pouvoir discuter de questions qui leur importent et éprouvant ainsi leur capacité à être ensemble et à réfléchir en commun. Cet enjeu de coopération est également central dans le développement du pouvoir d’agir des habitant·es de quartiers populaires, comme le montrent les deux autres articles du dossier. Ce pouvoir devient effectif à condition de s’incorporer dans un « faire » ; il acquiert sa légitimité lorsqu’il se manifeste dans des réalisations tangibles. Il n’acquiert une réelle portée démocratique et émancipatrice que s’il s’incarne dans des expériences de vie, s’il fait sens pour les personnes dans leur vie quotidienne et, fondamentalement, s’il forge le chemin d’une expérience commune et d’un « faire en commun ».

Faire recherche en coopération, dans une visée de transformation sociale, suppose une science sociale qui s’engage, et qui le fasse en s’appuyant sur une pluralité de pratiques, dans le cadre d’un pluralisme théorique. Le troisième dossier de la revue, Engager la recherche, s’engager en rechercheouvre ce débat à partir de plusieurs « terrains », le situant et le contextualisant, comme le sont les formes d’engagement de la recherche, et l’éprouvant dans des expérimentations et des actions. Parmi les contextes proposés, deux chercheuses impliquées dans le mouvement contre la loi travail du printemps 2016 s’intéressent à comment faire recherche dans le cadre d’un mouvement social ; dans une deuxième expérience, des collectifs militants et des équipes de recherche s’interrogent sur comment, ensemble, croiser nos points de vue, organiser les conditions d’une rencontre et déplier ensemble la même question à partir d’enjeux qui nous impliquent de façon nécessairement différente ; une troisième proposition, enfin, formule les conditions politiques et épistémiques à réunir et à assumer afin de s’engager en recherche avec des habitant·es de quartiers populaires à propos des questions qui leur importent.

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